jeudi 10 août 2017

Ah ben ici on n'a pas bu d'eau tiens (aka "Mon Gin Experience 2017")

Le samedi 27 mai (oufti que ça remonte déjà à loin tout ça, va falloir faire travailler ma mémoire ...), on avait décidé de faire une descente au Val Saint-Lambert (oui, à S'rin, pour ceux qui ne situent pas. Et comme je viens de là, j'ai le droit de le dire :p) pour faire plus ample connaissance avec des produits à base de ... genièvre !

Gin experience - logo
Désolé pour tous ceux qui espéraient un article sur le peket (oui, dans ma région, c'est comme ça qu'on appelle le genièvre ^^).
Honnêtement, c'était plus que tentant :
- on devait y trouver une flopée de représentants de distilleries diverses et variées ;
- la prévente était à 12 euros (oui, 12 malheureux euros) ;
- un bon de 5 euros à l'achat de deux produits au shop (in fine ton entrée te coute donc 7 euros !!) ;
- un cadre agréable ;
- l'opportunité de découvrir des pros vous préparer un gin tonic ;
- un food-truck (c'est tendance) ;
- un chouette verre à gin tonic.
 
Sympa non ?
 
Si, in fine, j'ai passé un super moment, il y avait quand même quelques (gros) bémols :
- le premier c'est la sensation de s'être un peu fait couillonner niveau budget. Alors, oui, c'était indiqué sur le site mais quand même, le gin tonic à 4 euros, ça fait un peu mal au cul. Je ne parle pas des softs à 2 euros ;
- niveau organisation, c'était visiblement un lendemain de veille pour certains (on y est allé le samedi) :
° chez Hendrick's par exemple, on ne sait pas à partir de quelle heure il a commencé à servir (on a renoncé à y aller après trois fois) : ses glaçons n'étaient pas près ... Mais bordel quoi, t'en demandes au stand d'à côté non ? Et plus pragmatiquement, tu t'organises mieux pour que tu sois prêt à l'ouverture. Bref ;
° le food-truck avait l'air d'avoir quelques soucis de démarrage ;
° certains exposants semblaient particulièrement peu concernés : quand je sais qui est normalement derrière le stand (parce que je l'ai vu peu avant) et qu'il cause avec un pote exposant deux stands plus loin alors que je plante la tente devant son stand pendant cinq grosses minutes, je l'ai un peu mauvaise (j'ai un sale fichu caractère, c'est comme ça et, je le reconnais, ça fait beaucoup de "stand" dans la même phrase) ;
- il faisait chaud (sur le principe, c'est chouette) mais pétant chaud hein, autant dedans que dehors et, magie de l'organisation, y avait pas d'eau !!
Personnellement, ça me semble assez basique comme raisonnement non ? Tu organise un évènement "éthylique", tu mets des bouteilles à volonté ou deux-trois fontaines par-ci par-là histoire que 1. les gens puissent rincer leur verre avec autre chose que des glaçons (dans le meilleur des cas) ou du tonic, voire du gin (dans les autres cas) et 2. les gens puissent se désaltérer un rien entre deux verres. Quitte à faire payer un forfait eau à l'entrée. On s'en fiche.
Bref, l'équation "alcool fourbe (non parce que sérieux, le gin ça tape quand même et, mélangé au tonic, ben ça coule tout seul) + chaleur + absence d'eau" a dû donner quelques résultats pas tristes en fin de journée ...
- le shop : la grosse blague quoi. J'ai renoncé à y trouver un truc après avoir entendu - à trois reprises pour mes trois coups de cœur - "ah ben si vous le voyez pas, c'est qu'on n'en a pas" ... D'accord, d'accord.
 
Bon, comme à mon habitude, je bave, je bave mais j'ai quand même passé un chouette moment.
Explications :
- le verre est fun ^^ 
-  j'avais un plan de bataille (comme à chaque fois que je fais un salon donc) et sur base de la liste des distilleries présentes, j'avais fait un listing de choses à goûter : tout n'était pas là mais le cahier des charges est largement rempli en ce qui me concerne ;
- les exposants (ceux qui étaient au point, tenaient leur stand, travaillaient pour la distillerie, ... entourez la ou les mentions qui vous plaisent) : outre ceux que je connaissais déjà (et chez qui il est toujours sympa d'aller discuter), il y avait ceux qui étaient passionnés par ce qu'ils faisaient et ça c'est toujours très chouette ;
- j'ai découvert de très très chouettes (et vraiment surprenants aussi) gins ;
- le gin "pur" (sans tonic donc) était gratuit et ça, quand tu vas en salon pour découvrir un produit, c'est quand même mieux de pouvoir le gouter "de base" avant qu'il soit mélangé. En plus, le but était de les déguster purs pour pouvoir s'en faire une bonne idée donc c'est top. Bon, je suis encore passé pour un extraterrestre avec mon verre à dégustation emporté avec moi pour l'occasion mais je m'en fiche :p ;
- les gin-tonics et les softs étaient vraiment bien préparés (tant niveau goût que présentation) ;
- on s'est vachement bien amusé. A mon avis ces trois là y sont pour quelque chose ;-)

smile ^^
L'équipe (sans moi, faut bien que quelqu'un fasse la photo aussi hein) ; sinon, oui, c'était un peu vide ...
Vu que ça fait maintenant plus de deux mois que l'évènement a eu lieu, j'ai probablement oublié l'une ou l'autre chose mais je pense que - dans l'ensemble - ce qui m'avait plu et moins plu est repris ci-dessus.
 
Place à la dégustation du coup (et je vous ferai grâce du pourquoi du comment le tonic était bon parce que 1. on s'en fiche et 2. j'ai pas pris de notes pour ça :p).
Je préciserai juste les produits dégustés par la suite en gin-tonic.

Ah oui, je m'étais certes penché un peu plus assidûment sur le gin avec les maigres ressources que j'ai à la maison histoire de m'y faire un peu mais vu le contexte (salon, tout ça, tout ça), les notes risquent d'être plus light quand même.
 
On y va :
 

Citadelle - Réserve :

Alors Citadelle, c'est comme Plantation dans le monde du rhum : c'est le cognac du gin ... Ok, pour faire simple, c'est un produit français qui nous vient de la maison Ferrand (qui produit donc du cognac et est à l'origine de la gamme de rhum Plantation).

A noter que la version Réserve dégustée ici est vieillie quelques mois en fûts de chêne (ai-je besoin de préciser ce qu'ils ont contenu préalablement ?).
Citadelle - Réserve
Tout de suite tu vois qu'il y a de la couleur dedans ta bouteille ici (amis de la grammaire, bonjour).
Sa robe est extrêmement claire (pas translucide donc), tendant vers une couleur paille vraiment très légère.

Le nez est à la fois frais et épicé, sur le genièvre (un marqueur de base qui devrait théoriquement nous accompagner tout au long de la journée) et les agrumes (idem).
Il évolue vers une certaine douceur (légèrement fruitée ?).

En bouche, le genièvre est là mais c'est doux, vraiment. Une légère impression de sureau ou de sucre de canne tendrait même à se faire sentir (non, je n'étais pas déjà à l'ouest).
Les agrumes, plus légers également, refont surface eux aussi.

Niveau rétro-olfaction, j'y ai trouvé une légère amertume.

La finale est relativement longue, toute en douceur sur des notes florales et fruitées (agrumes encore) avant de faire place à un retour du genièvre.

Un produit d'une rondeur assez étonnante et très agréable.
Un bon début donc.

Jinzu :

Premier arrêt "gin from outer space" et première claque gustative !
Nous voilà donc face un mélange des traditions britannique (pour le London Dry) et japonaises (pour les tentacules (Nico, sort de ce corps) le saké).
Et là, j'en vois faire "Gnéé ?!" derrière leur écran.
Normal.
On va essayer d'être un peu plus clair du coup : niveau aromates, on y trouve fatalement du genièvre (logique) et de la coriandre (logique aussi il parait ^^) mais aussi du yuzu et de la fleur de cerisier (ce qui explique la bouteille).
Au cours de la distillation, il est assemblé à du saké Junmai avant d'être réduit (à un degré incompréhensible de 41,3°, allez pas chercher à savoir pourquoi). Le saké Junmai - pour le peu que j'en sache sur le saké - ferait visiblement partie de la catégorie des Rolls du saké, le riz entrant dans sa composition étant poli jusqu'à 70% de sa taille originelle (en plus de lui avoir retiré ses enveloppes extérieurs).

Bon sinon, ce truc, il est bon ?
Très !
Jinzu
Après, je le reconnais, le look de la bouteille m'avait déjà conquis.
Niveau couleur, retour aux basiques : y a pas.

Le nez est immédiatement surprenant : on sent à la fois le genièvre et le saké (!!).
Les agrumes sont là aussi et un côté plus fruité ressort par la suite.

La bouche est extrêmement ronde, sur les fruits rouges.
Le genièvre est là mais c'est relativement discret.

Niveau rétro-olfaction, on reste sur les fruits rouges mais on part également du côté des agrumes.

La finale fait quant à elle un surprenant retour sur une gamme plus amère (type pamplemousse) avant de laisser place à la rondeur caractéristique du produit.

Vraiment très très bien !
Après, il y aura toujours des rabat-joies pour dire que c'est un produit fait pour ceux qui n'aiment pas le gin ou qui aiment le saké, voire que c'est un mélange bâtard.
Personnellement, je m'en fiche parce que j'aime beaucoup.

Tonic il y a eu en fin d'après-midi.

Gin Mare :

Après la France et l'Ecosse, petit détour par l'Espagne (si, si !) pour nous pencher sur le deuxième ovni de la journée (et, accessoirement, un des gros coups de cœur du jour), un produit - à nouveau - atypique.
Voyez : il y a certes du genièvre mais la macération a ça de particulier qu'elle emploie également du thym, du romarin, du basilic et ... des olives Arbequina (petites olives de Catalogne relativement chères, ce qui impacte considérablement le prix de la bouteille) !
Gin Mare
Classe et sobriété. J'aime beaucoup.
Ici aussi, on passera vite sur la partie couleur qui est absente. Voilà.

Le nez part directement sur les herbes aromatiques. C'en est à la fois désarçonnant et agréable. Le thym se fait clairement sentir, le romarin aussi.
On y trouve un peu d'agrumes si on cherche bien (histoire de se sentir en terrain connu).
Il m'a paru un rien plus alcooleux que les deux autres sans pour autant que ça soit désagréable, loin de là.
Et, bizarrement, j'ai eu une sensation de menthe qui est apparue au fil du temps (ça ne devait pas être ça mais les autres l'ont également ressentie donc ...).

En bouche, c'est plus épicé mais toujours herbacé et on sent poindre l'olive doucement mais sûrement.
Il y a du genièvre aussi, un peu.

Niveau rétro-olfaction et bien ... je n'ai pas de notes. Voilà voilà ^^

En finale, l'olive est là mais pas que : les autres aromates aussi.
Une sensation de fraicheur nous accompagnera tout du long.
Et, à nouveau, cette étrange impression mentholée (il faudra vraiment que je me trouve une bouteille pour revérifier ça. Oui, c'est une excuse de m****, je le reconnais).

Un produit vraiment bien foutu et très agréable à boire seul.

Pareil que pour le Jinzu, je suis repassé par la case tonic en fin de journée.

Filliers Barrel Aged :

Le petit tour du monde continue et on se pose un peu en Belgique.
Ce Filliers-ci (parce que je vous ai déjà parlé de ce FIlliers-là ^^) est mis à vieillir plus ou moins quatre mois en fût de chêne du limousin ayant précédemment contenu du cognac.
Filliers Barrel Aged
Une bouteille bien reconnaissable de par chez nous.
Gin vieilli donc gin coloré ? Ben, oui, un peu : le verre se pare d'une robe de couleur paille assez légère.
 
Le nez est d'emblée sur le genièvre mais on sent bien que c'est relativement travaillé et assez fin.
On y trouve aussi une certaine douceur sous-jacente, une impression de vanille qui ne doit pas être étrangère au fait que le produit ait été mis à vieillir.
 
Au niveau de la bouche, on repart en terrain connu avec ce qui fait le propre du Gin Filliers : c'est plus épicé, il y a un peu d'agrumes, le genièvre est là (ben tiens) mais - parce qu'il y a un mais - cette douceur perçue au nez est toujours là. C'est assez stupéfiant de voir à quel point, en si peu de temps, le travail du fût a marqué sa patte sur le produit.
Enfin, un très léger boisé se manifeste de-ci de-là.
 
La finale devait vraisemblablement être relativement longue mais je n'ai pas de note si ce n'est qu'elle est très gin (London Dry quoi) tout en étant enrobée d'une agréable douceur.
 
On fait quand même de chouette truc de part chez nous :-)
 

Gin Biercée - Thesis & Antithesis :

Finalement, comme on se sent bien chez nous, on va un peu y rester et se diriger du côté de Thuin et plus particulièrement à la distillerie Biercée ; distillerie qui produit du gin (fatalement) mais aussi du peket, de l'Eau de Villée, des liqueurs et eaux-de-vie de fruits (dont l'une répond au poétique nom de "gratte-cul", ça ne s'invente pas ^^).
 
Bref, deux gins sont proposés chez Biercée mais on ne va se pencher que sur le premier qu'ils ont commercialisé.
Gin Biercée - Thesis & Antithesis
Le look damier il faut aimer. Perso, j'accroche pas trop. Mais c'est reconnaissable directement donc ...
Retour aux gins incolores.
 
Au nez, on sent le genièvre mais ce n'est pas ce qui nous accroche en premier.
En faisant un peu plus attention, on se rend compte qu'il y a de l'anis (c'est sympa) mais il y a encore autre chose, un truc plus végétal qui dégage cependant une certaine fraicheur ...
Du fenouil ! Si, si, je vous jure, ce truc sent le fenouil !
 
La bouche fait surtout la part belle au ... fenouil (puisque je vous le dis) : c'est assez désarçonnant mais assez sympa en fait.
Le genièvre est un peu en retrait et un petit côté anisé/fleur de sureau amène une certaine rondeur au produit.
 
Niveau rétro-olfaction (oui, ici j'ai des notes :p), on est "à fond" sur des notes végétales.
 
La finale restera sur ce côté fenouil anisé.
 
Une chouette découverte totalement surprenante.
 

Ferdinand's Saar Dry Gin :

On repart en vadrouille pour aller se poser en Allemagne (ils font du gin aussi là-bas, oui, oui) chez une bande de grands malades qui ont décidé - accrochez-vous - d'ajouter un peu (2,5% du volume pou être précis) de Riesling (oui, le vin) à leur gin avant embouteillage !
Ok, après le mix gin-saké, ça ne vous perturbe peut être pas trop mais quand même quoi !
Ferdinand's Saar Dry Gin
Vu le mauvais goût allemand sur certaines bouteilles d'alcool, on pouvait craindre le pire. Le drame est évité (après, ça pourrait être plus beau mais bon).
On reste basique, pas de couleur non plus (ben oui quoi, c'est du gin) malgré l'ajout - certes léger - de vin au produit.
 
Au niveau du nez, oui, on est sur un gin, c'est sûr mais avec une certaine dose de sucrosité (et de rondeur donc) en plus, vraisemblablement due à l'ajout de vin.
Pour le reste, je dois reconnaître que ça m'a laissé un peu sur le carreau (pour être tout à fait honnête mes notes précisent "assez indéfinissable").
Il faudra donc vous contenter de ça.
 
En bouche, le genièvre diminue drastiquement d'intensité pour laisser place à de douces notes sucrées et vineuses mais surtout à une flopée d'agrumes ainsi qu'à quelques épices ramenant un peu de peps à l'ensemble.
 
La finale restera sur les agrumes (principalement des notes citronnées) avant de laisser place à une très légère amertume assez surprenante au vu de ce qui a précédé.
 
Expérience intéressante. Vraiment.
 

G'Vine - Floraison :

Retour en France pour ce dernier produit tout en délicatesse.
Elaboré en Charente à partir d'alcool de vin, il y a lieu de noter qu'entre dans sa composition la fleur de vigne, chose visiblement unique à ce jour.
Et pour pouvoir utiliser des fleurs de vigne, il faut y aller ! Je m'explique : en gros, on ne dispose que de 15 jours entre le moment où on peut les récolter et celui où elles se transforment en mini-grains de raisins. Y a du challenge donc.
Il existe une seconde version (Nouaison) qui est toutefois plus "traditionnelle" (dans le sens "London Dry") mais comme c'est moins fun, on va se contenter du Floraison (et, de mémoire, il n'y avait que celui-là).
G'Vine - Floraison
Un packaging aussi top que le Gin Mare tout en étant différent. Juste génial.
On finit logiquement sur un produit ne présentant aucune couleur.
 
Le nez est d'une douceur assez stupéfiante. C'est à la fois floral et fruité (sur les agrumes).
C'est extrêmement rafraichissant.
 
En bouche, il y a certes du genièvre mais c'est loin d'être ce qui marque le plus les esprits : on reste toujours sur un produit rond et floral à tendance fruité (ça ressemble au nez, et alors ?). Les agrumes sont là, et un truc plus "étrange" qui se rapproche du raisin (influence des fleurs de vigne ?) aussi.
Vraiment très, très bien.
 
La finale restera sur ces notes assez originales et on ne peut plus agréables perçues en bouche ainsi que sur la rondeur du produit qui nous aura accompagné tout du long.
 
Vu comme ça, ça a l'air assez monolithique et assez basique mais dès lors que c'est bon, pourquoi vouloir complexifier les choses ?
 
Gros coup de cœur et dernier tonic de la journée.
 
In fine, trois coups de cœur, à chaque fois sous trois formes différentes :
- le gin en lui-même : une tuerie ;
- le gin-tonic : juste comme il faut ;
- le packaging : top top top !
 
Ceci conclut cela (et comme la soirée BBQ qui a suivi ne vous intéresse/concerne/regarde/... pas (biffez la mention inutile)), on se dit à la prochaine fois !
 
 
Rhum n' Whisky

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