mercredi 20 décembre 2017

Samaroli 2017 - partie 2 (ou 3 ... la dernière en fait)

 
C'est donc la suite de l'autre (qui était elle-même la suite du premier. Mais si, c'est logique).
 
Je le reconnais, j'avais annoncé le Gin-Discovery, il viendra (tout comme un tas d'autres trucs parce que même si c'est fort calme par ici ces derniers temps, ça ne m'a pas empêché de gouter tout un tas de choses).
Bref tout ça pour dire, oui, y a eu un coup de mou mais ça s'explique probablement par une soirée dégustation qui devait se terminer en apothéose (une orgie Velier quoi) et qui aura finalement fini - pour moi du moins - en tête-à-tête avec des gens tout de bleu vêtus suite au "fracassage" du châssis de mon chez moi. Bref, plein de trucs administratifs bien chiants à faire ces derniers temps ont impacté mon rendement ^^
 
Et donc, allons-y, terminons de faire le point sur les embouteillages 2017 de chez Samaroli (comme ça je pourrais au moins me dire que j'en aurais parlé avant 2018 :p).
 

Demerara Vertical 2003-2004 :

Il s'agit d'un small batch blended rum, un assemblage de jus distillés en 2003 et 2004 et embouteillés en 2017 au taux de 45° (oui, comme d'hab'). 696 bouteilles ont été produites. 
Samaroli - Demerara Vertical 2003-2004          Samaroli - Demerara Vertical 2003-2004
Pastel en extérieur  cuivre à l'intérieur. Un mariage heureux ^^
 
Au niveau de la robe, ce jour là, j'étais d'humeur poétique : cuivre automnale à reflets orangés.
 
Le nez est extrêmement gourmand sur le fruit cuit, les épices légères, un sucré demerara bien typé mais aussi sur la fraicheur avec un léger côté mentholé.
On y trouve également des notes torréfiées.
Le boisé est très léger et la fine touche de solvant à l'ouverture du sample est très très vite retombée.
Ce n'est que le début et c'est déjà prometteur !
Le nez est bien plus sympa que celui de l'année passé (car, oui, en 2016 aussi il y a eu un Demerara Vertical) ; après, cette année, il y a du Diamond dedans (c'est tout ce que je sais).
Le côté "Duel de fruits / notes torréfiées" est on ne peut plus agréable.
Le temps passant, une légère amertume se fait jour.
 
En bouche, c'est plus épicé : on s'éloigne un peu du nez. Attention, on ne part pas sur de grosses notes poivrées qui tâchent mais bien sur des arômes plus subtils qui claquent bien (on dira gingembre pour faire l'intéressant ^^ mais pas poivre).
On reste toutefois sur le côté mélasse légèrement torréfiée et ... mentholée (!) perçu au nez.
L'amertume brièvement ressentie au préalable est ici plus présente (avec des touches de bois humide ?).
On y trouve enfin un côté fruité agréable avec des notes de fruits limites confits (fruits exotiques et fruits rouges).
Pour conclure, on relèvera également quelques touches minérales.
Bref, c'est complexe, agréable et surprenant.
 
Niveau rétro-olfaction, l'amertume mentholée est là, l'alcool est bien maitrisé (oui, comme à chaque fois en fait) et les épices retrouvées en bouche sont toujours là.
 
La finale est à la fois chaude, douce et légèrement amère : elle balance entre notes sucrées et végétales.
C'est relativement long et elle reste bien sur les notes repérées en bouche.
 
Le verre vide nous gratifiera de notes fruitées perçues initialement et reviendra sur le côté plus "doux", plus sucré (ouais, plus accessible quoi) du produit avec de légères épices.
 
Tout comme le Dark Demerara, on a ici un très beau produit au rapport qualité/prix extra (pour Samaroli j'entends hein).
 
Suivant !
 

Over the World :

Celui-là, je voulais vraiment le placer à la Master-Class mais le big boss himself de chez Samaroli nous a demandé de le remplacer car trop ressemblant avec les produits déjà sélectionnés (concrètement, il doit y avoir du Demerara dedans ^^).
Et puis, c'est quand même vachement intriguant un truc de 29 ans, au prix assez élevé (oui, assez ...) dont on ne sait rien (si ce n'est qu'il s'agit d'un small batch d'un âge avancé) non ?
Ah, si, le degré, il est de 45 (bon, après c'est pas de l'info de compét' mais on fait avec ce qu'on a hein).
Et histoire de rendre la chose encore plus "plus", on a droit qu'à 216 bouteilles. 
Samaroli - Over the World          Samaroli - Over the World
Ici, je le reconnais, l'étiquette est kitsch ... Après, on est d'accord, c'est loin d'être le plus important !
 
La couleur est d'un bel or intense limite orangé à reflets "or-orangé" (ben oui, c'est comme ça que je l'ai vu).
 
Alors le nez m'a pas mal perturbé (!) : on a en effet l'impression que le rhum est recouvert par une nappe "brumeuse" nous empêchant de l'apprivoiser et de découvrir ce qu'il recèle.
On y sent des fruits (on se situe quelque part entre agrumes et fruits blancs), quelques touches typées Demerara (le côté "sucré"), des épices fines et un léger côté floral/herbacé.
On part ensuite vert quelque chose de beaucoup plus rond avec des notes limites chocolatées et un côté pâtisserie typé moka (avec cette note beurrée si particulière que j'aime au nez mais pas en bouche :p).
Les fruits secs (noisettes ?) sont également de la partie.
Les épices prendront petit à petit plus d'importance mais seront toujours dominées par ce côté choco-moka très agréable. Et là, alors qu'on s'y attend le moins, la coco - et de légères notes torréfiées - vient dire bonjour.
 
En bouche, c'est hyper gourmand et - au risque de me vautrer royalement - je dirais que c'est typé Guyana et Barbade (et je me plante sûrement complètement comme à chaque fois que je me prête à ce genre d'exercice mais bon, l'important c'était de participer :p).
Sinon, c'est très coco, légèrement torréfié (oui, encore), avec une petite note d'amertume et c'est surtout très gourmand sur le côté guyanais "plaquant". 
De petites notes épicées qui ne sont pas sans rappeler le produit précédent sont également de la partie.
Enfin, on y relèvera de légères touches mentholées et un boisé bien intégré.
C'est bon.
 
Niveau rétro-olfaction, j'y ai relevé - en vrac - un amertume mentholée (encore), de la coco, des épices et un boisé fin (ouais, mes notes sont pourries sur ce coup là :p).
 
La finale est assez longue, elle reste sur le côté "plaquant" à la coco avant de repasser à cette fraîcheur mentholée perçue plus avant.
Ici on restera assez constant par rapport aux notes ressenties en bouche.
 
Le verre vide nous ramène plus au côté fruité du produit (type fruits cuits) et délicieusement "mélassé".
 
C'est dommage qu'il soit si cher. Vraiment. Parce que c'est très gourmand.
 
Place maintenant à la bête de l'année chez Samaroli, le rhum de tous les superlatifs, celui qui est attendu comme le Messie par certains :
 

Hampden 1992-2017 :

Single cask de 25 ans, 52°, un prix défiant toute concurrence ...
Sur le papier, ça annonce du lourd (ça dit aussi qu'il s'agit du fût 19 et que 228 bouteilles ont été produites).
Et après autopsie ? 
Samaroli - Hampden 1992-2017          Samaroli - Hampden 1992-2017
La Bête. Rien à ajouter.
 
La robe nous dévoile un or léger à reflets dorés.
 
Le nez est d'emblée ... JAM JAM JAM mais pas que, c'est bien plus subtil !
Les fruits exotiques sont là mais on retrouve un côté légèrement acidulé ainsi qu'un fin solvant (oui, on est en plein dans la Jamaïque mais loin d'un gros Hampden qui tâche).
Le tout est hyper bien fondu et les 52° passent comme si de rien n'était.
On y trouve des épices déroutantes (la contre-étiquette indique "épices méditéranéennes" et bien, c'est pas faux :-D) qui en viennent à tendre vers l'olive (si, je vous jure) ainsi qu'une touche mentholée.
Un côté pâtissier gourmand sur le massepain est également de la partie.
Comme déjà dit, c'est déroutant mais on y resterait des heures : ce côté colle forte/solvant si typique est loin d'être omniprésent vu que le côté fruité-acidulé-pâtissier est ici bien plus prédominant et le tout continue d'évoluer à son rythme. Les amandes apparaissent tout comme un aspect floral.
Donc, pour récapituler, c'est fin, c'est léger, c'est d'une fraîcheur incroyable, c'est gourmand et c'est bien foutu.
Un résumé plus bref encore ? Ok : Top, top, top !
 
En bouche, comment dire ? ...
BAM BAM BAM, JAM JAM JAM ! Voilà.
Et c''est bon !
...
Ok, je développe : c'est à la fois puissant et bien intégré, c'est hyper fruité (dans le genre ananas bien mûr), c'est pâtissier aussi.
Le solvant se fait plus présent en entrée de bouche avant que l'ensemble ne s'arrondisse de manière stupéfiante sur le côté ananas cuit/mûr/confit (faites votre choix, perso je trouve qu'il y a un peu de tout en même temps. En gros, l'ananas est tout sauf pourri ici) qui amène une douceur et une sucrosité inimaginable à l'entrée de bouche.
Vous allez sûrement vous dire que je radote (déjà, c'est inquiétant) ou que je suis fin défoncé (promis, ce n'est que le troisième verre de la soirée) mais ici aussi on retrouve cette fraicheur mentholée.
Sinon, après 25 ans, y a du bois ? Ben abstraction faite de quelques notes toastées, pas vraiment en fait.
 
La rétro-olfaction est hyper puissante sur ce côté "solvananas" et cette fraicheur persistante.
Vu comment j'écris, il y a une partie de mes notes que je ne sais plus lire ... je dirais bien "petites notes fumées" mais je ne suis pas plus sûr que ça ...
 
La finale est loooooooongueeeee avec un l'aspect fruité prédominant et un retour des fines épices ainsi qu'un côté floral plein de fraîcheur (ça ne vous parle sûrement pas beaucoup mais à moi si et, honnêtement, c'est vraiment super agréable).
Ah, si, la petite note fumée de la rétro-olfaction, elle est bien là :-D ... avant de laisser place à un retour du fruit mais cette fois sur les agrumes.
Un petit côté salé/iodée vient également faire coucou à la toute fin de la finale (oui, je sais, "la toute fin de la finale", c'est conceptuel ^^).
... bonheur et plénitude ...
 
Juste Wow quoi. On est loin d'un gros Hampden qui tâche et déboite sur le côté bien puant. Ici, on est plutôt dans la finesse et la fraîcheur tout en conservant les marqueurs indispensables de manière on ne peut plus équilibrée.
Une tuerie, tout simplement.
 
Un point négatif histoire de ? Ben oui, il est complètement hors budget. Et c'est bien dommage car c'est un produit incroyable.
 
Ah oui, le verre vide : il est au diapason de la dégustation tout en partant étrangement plus vers un côté agrumes.
 
Ceci conclut donc notre découverte des embouteillages Samaroli pour cette année.
 
J'espère pouvoir vous faire part de mon avis sur ceux de l'année prochaine !!
 
Ne sachant pas comment va s'organiser ma fin d'année (plein de trucs en perspective), je vous souhaite déjà plein de bonnes choses pour 2018 (et une flopée de dégustations intéressantes bien évidemment) !
 
A bientôt !
 
 
Rhum n' Whisky

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire